En représentant les étapes de la Création au plafond de la chapelle Sixtine, Michel-Ange a placé Dieu dans différentes postures. Or pour créer les plantes, non seulement son Dieu tourne le dos au spectateur, mais il nous montre sans équivoque — et sans feuille de vigne — son derrière.
Ceux qui signalent (quand ils ne la passent pas chastement sous silence) cette attitude quelque peu païenne ne nous en donnent aucune explication. Michel-Ange voulut-il se moquer du pape Jules II, qui lui avait confié ce travail titanesque alors qu'il préférait la sculpture à la peinture ? Avait-il une secrète attirance pour les hommes, comme l'affirment certains ?
Laissant la réponse aux spécialistes, j'ai voulu jouer sur cette image en la rapprochant de la Tentation figurée à un autre endroit de la céleste voûte, pour illustrer à mon tour la création de Pandore, ce don de Zeus d'où seraient sortis, fors l'Espérance, tous les maux de l'espèce humaine — il va sans dire qu'un tel point de vue n'est certainement pas le mien !